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Marina Tsvetaïeva nous parle dans ce texte d’une rencontre décisive : celle de Pouchkine, du nom Pouchkine, du poète Pouchkine, de l'oeuvre de Pouchkine qui la fait naître en poésie. Elle fait revivre ainsi, d’une manière toute proustienne, les souvenirs de la Russie de son enfance. Elle évoque tout d’abord la Statue-Pouchkine, but de ses promenades quotidienne à l’âge de 3 ans ; la découverte bouleversante à 6 ans de l’opéra Eugène Onéguine, qui déterminera à jamais ses passions amoureuses ; l’ivresse ressentie à la lecture des premiers poèmes lus à la dérobée dans l’armoire rouge de la chambre de sa mère ; enfin, le besoin d’écrire en filiation directe avec celui qui l’initia au "vers, le seul espace qu’en nous jamais ne fermera l’adieu."
Ce texte est un hommage à la poésie, à ses pouvoirs, ses brûlures, ses quêtes secrètes. Marina, plus qu’ailleurs, y déploie une langue riche, lyrique, pleine d’humour aussi et de grandeur d’âme. Par ce mouvement de réappropriation de l’enfance, elle témoigne de l’ambition de la poésie d’habiter véritablement le monde.
La musique de Tchaïkovski, Prokofiev, Rachmaninoff, Chostakovitch, interprétée au piano, accompagnera et sollicitera ces réminiscences.
Guy Freixe
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