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LE JEU MASQUÉ

A travers deux dramaturges du XXème siècle
BRECHT / PIRANDELLO

Stage conventionné AFDAS
(Fond d'Assurance Formation De l'Activité du Spectacle)
Dirigé par Guy Freixe
Du 2 au 27 octobre 2006




Objectifs pédagogiques du stage :

Formation du comédien au jeu masqué à travers le travail mené sur Les Géants de la Montagne de Pirandello et La Bonne âme de Setchouan de Brecht .

Formateurs :

. Guy Freixe , Metteur en scène : travail sur les masques et les textes.
. Maryse Poulhe, Comédienne : travail sur le mouvement et la dynamique corporelle des personnages.

Programme :

. Découverte des lois essentielles du jeu masqué à travers divers types de masques expressifs.
. Travail sur les pièces à partir du style de jeu impliqué par l'usage des masques.
. Apport de l'improvisation dans la caractérisation des personnages. Lien de l'improvisation masquée avec le texte
. Masquer son corps, masquer sa voix : projetter un univers imaginaire.
. Travail sur la musicalité du texte et sa relation au mouvement.


"Le jeu sous le masque nous impose une attention rigoureuse à la gestuelle, une précision rythmique, un sens musical, un souci permanent du récit, un état dramatique intense... Il ouvre l'imaginaire et apprend à l'acteur une écriture des passions par le corps. Tout devient signe. Sans cesse le masque oblige l'acteur à la transposition. Cet art de l'acteur n'est pas seulement valable pour aborder la ´ tradition ª. Il est aujourd'hui une arme de résistance pour que le théâtre ne s'oublie pas lui-même et reste à l'écoute de ses lois fondamentales."

Guy Freixe

 


PIRANDELLO

Pirandello (Agrigente 1867 - Rome 1936) voit dans le masque la figure générique de son théâtre. Il regroupera la majeure partie de ses pièces sous le titre de Masques nus. Ce motif du masque préexiste dans sa pensée à toute réflexion spécifique à l'art théâtral. Pour Pirandello, chacun rajuste son masque du dehors, mais doit aussi s'arranger avec son masque du dedans. Et de ces deux masques, aucun n'est vrai. Ils dépendent tous deux de l'illusion que l'on veut donner de soi-même à autrui, et de celle qu'on se fait à soi-même. Dans Les Géants de la montagne - sa dernière pièce, commencée en 1928, et sur laquelle il travaillera jusqu'à sa mort, tout en ne parvenant pas à l'achever - Pirandello propose une fable qui questionne l'art et le politique. L'univers de l'illusion théâtrale est proche de celui des rêves, comme un double de la réalité, o˘ l'on perÁoit la parole secrète de l'homme.

BERTOLT BRECHT

´Sur son bureau, l'écrivain - que l'on ne présente plus - s'est toujours entouré de trois masques japonais, dont deux de Nô qu'il disposait à côté d'un rouleau chinois figurant "le Douteur". C'est que le masque est au coeur de la problématique de son écriture. D'abord parce que Bertolt Brecht ne conÁoit pas une vie qui puisse être réellement vécue en toute transparence, à " visage ouvert". Dans son théâtre il nous montre des êtres endossant divers "masques" et la métamorphose est au coeur de sa dramaturgie. Le masque est aussi référence directe au théâtre, signe de distance avec la fable jouée, et définissant un espace non-hystérique o˘ l'acteur se présente d'emblée comme comédien-observateur ª.

B.Brecht, Journal de travail