PIRANDELLO
Pirandello (Agrigente 1867 - Rome 1936) voit dans le masque la figure générique de son théâtre. Il regroupera la majeure partie de ses pièces sous le titre de Masques nus. Ce motif du masque préexiste dans sa pensée à toute réflexion spécifique à l'art théâtral. Pour Pirandello, chacun rajuste son masque du dehors, mais doit aussi s'arranger avec son masque du dedans. Et de ces deux masques, aucun n'est vrai. Ils dépendent tous deux de l'illusion que l'on veut donner de soi-même à autrui, et de celle qu'on se fait à soi-même. Dans Les Géants de la montagne - sa dernière pièce, commencée en 1928, et sur laquelle il travaillera jusqu'à sa mort, tout en ne parvenant pas à l'achever - Pirandello propose une fable qui questionne l'art et le politique. L'univers de l'illusion théâtrale est proche de celui des rêves, comme un double de la réalité, o˘ l'on perÁoit la parole secrète de l'homme.
BERTOLT
BRECHT
´Sur
son bureau, l'écrivain - que l'on ne présente plus - s'est
toujours entouré de trois masques japonais, dont deux de Nô
qu'il disposait à côté d'un rouleau chinois figurant
"le Douteur". C'est que le masque est au coeur de la problématique
de son écriture. D'abord parce que Bertolt Brecht ne conÁoit
pas une vie qui puisse être réellement vécue en toute
transparence, à " visage ouvert". Dans son théâtre
il nous montre des êtres endossant divers "masques" et
la métamorphose est au coeur de sa dramaturgie. Le masque est aussi
référence directe au théâtre, signe de distance
avec la fable jouée, et définissant un espace non-hystérique
o˘ l'acteur se présente d'emblée comme comédien-observateur
ª.
B.Brecht, Journal de travail
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